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Björn Dalhem

Björn Dahlem, Schwarzes Loch (M-Spären II), 2007,
Kestnergesellschaft, Hannover,
900 x 450 x 450cm

Né 1974 à Munich (Allemagne)
Vit et travaille à Berlin (Allemagne)

"Qui n’a jamais vécu, enfant, le fantasme de l’espace, symbolisant à lui seul l’ailleurs et la découverte ? Qui n’a jamais rêvé du voyage au plus loin, embarqué dans un engin dit futuriste parce que forcément éloigné, dans sa conception visuelle et fonctionnelle, de nos modes de déplacements usuels et quotidiens ? Qui ne sait jamais imaginé en savant, plus ou moins fou, explorant des réalités autres qui ne sont jamais que des fictions issues de l’imaginaire et de la curiosité ? C’est un peu tout cela que nous offre le travail de Björn Dalhem, qu’on dirait être une entreprise complexe d’exploration de ces univers fantasmatiques et de leurs mystères, oniriques et fascinants. Fascinants car au-delà de l’aspect science fiction qui toujours passionne et que ne cessent d’évoquer ses drôles de sculptures dont beaucoup s’apparente à des sortes de vaisseaux spatiaux d’un autre âge, dont on ne sait s’il est révolu ou à venir - l’œuvre de Dalhem évoque la connaissance scientifique, fantasmatique pour beaucoup parce que totalement inaccessible. Face à cette opacité de fait la démarche de l’artiste tend, avec une veine toute personnelle, à observer le vide et la matière, les
lois de la physique quantique et la consistance de l’univers, les théories de l’évolution ou du chaos et bien d’autres choses encore, pour tenter d’en percer les mystères et d’en formaliser une interprétation... dénuée de tout esprit scientifique !

Ce qu’il y a de touchant dans les constructions de Björn Dalhem, c’est que leur esthétique très assurée-au sens où l’artiste possède un indéniable sens de la composition, de la mise en espace et de l’agencement de matériaux très hétéroclites est toute faite de bric et de broc. La plupart des composants de ces œuvres sont récupérées dans des brocantes ou des marchés aux puces. Et jamais on ne masque une certaine forme artisanale, une impression de bricolage qui rapproche un peu plus le spectateur du sujet d’ordinaire froid, complexe et éloigné vers lequel l’artiste le convie à cheminer. La science ainsi revisitée deviendrait presque de pacotille, intégrant au passage une sensibilité dont
elle est totalement dénuée dans l’appréhension commune qu’on en fait.

La question de la perception subjective des phénomènes et des interprétations qu’elle engendre permet également de lire le travail de Dalhem comme une construction utopique, d’autant plus efficiente qu’elle engage l’imaginaire à travers des récits dont les sujets, pour imperceptibles qu’ils soient, n’en demeurent pas moins « réels ». Car qu’importe finalement qu’on soit dans le vrai et le faux, tant que la poésie de la sculpture permet d’y croire un instant et d’inviter au voyage. C’est justement ce que fait Challenger, réplique miniature de la navette spatiale éponyme qui, fixée au mur nez pointé vers le ciel, entraïne derrière elle une ampoule, un sillage de lumière. La métaphore du voyage appliquée à l’exploration scientifique devient une construction mentale qui, outre qu’elle laisse l’esprit libre à la divagation, permet au regardeur de rêver l’univers - son univers - et par voie de conséquence de rêver sa vie. L’un des effets inattendus de la science par le prisme de l’art."

Frédéric Bonnet, extrait de la notice du catalogue Prêts à prêter, acquisitions et rapport d’activités 2000-2004, coédition Isthme éditions, Paris / FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, 2005

Il a été professeur invité à l'Universität der Künste Berlin (2004/2005), à l'Akademie der Bildenden Künste, Nuremberg (2008), pour des recherches sur l'architecture urbaine et expérimentale et à l'Akademie der Bildenden Künste Karlsruhe (2010).

Il a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives, dont "Strangeness (Hubble Ultra Deep Space)"' à la Galerie Guido W. Baudach, Berlin (2019) ; "LAUNCH PAD", ST. Matthäus-Kirche, Berlin (2018) ; "Nouvelle étrangeté" Galerie Heinrich Ehrhardt, Madrid (2017) ; "Mare Lunaris", Galerie Hiromi Yoshii, Tokyo (2016) ; "Mare Lunaris", Berlinische Galerie, Museum für moderne Kunst, Berlin (2015) ; "Kosmorama, Sies + Hök", Düsseldorf, (2015) ; "Black Hole (Cygnus X-1)", Centre d'art contemporain Matadero, Madrid (2014) ; "Theatrum Mundi", Hiromi Yoshii, Tokyo (2013), "La montagne magique", Kunstraum Innsbruck (2010) ; "Björn Dahlem", Fondazione Morra Greco, Naples (2010) ; "La théorie du ciel I - Matière brillante", La Conservera, Murcie (2009) ; "Solaris", UCLA Hammer Museum, Los Angeles (2004) ; "Im Zentralkristall", Kabinett für aktuelle Kunst, Bremerhaven (2003) ; Mori Art Museum, Tokyo (2016) ; "Berlin-Klondyke 2011", Art Center Los Angeles (2011) ; "Station expérimentale" Recherche et phénomènes artistiques, CA2M - Centre d'art Dos de Mayo, Móstoles, Madrid (2011).

Son travail fait partie de collections telles que le Frac-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille, le Kunsthalle Bremerhaven, Allemagne, le Städtisches Museum Abtelberg, Mönchengladbach, Allemagne, le Fondazione Morra, Naples, le MoMA, Musée d'art moderne, New York.

LIENS

GALERIE

Galerie Heinrich Ehrhardt, Madrid

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