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[exposition collective]

Vidéochroniques

6 au 13 janvier 1996

RESSOURCES

Carton d'exposition

Livret

POUR ALLER PLUS LOIN

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Peu après ses premières utilisations par la télévision, les artistes se sont progressivement approprié l'outil vidéo comme un médium de plus à leur disposition. Ceux qui y ont recours aujourd'hui sont naturellement en prise avec nos questionnements les plus actuels, nos désirs, notre rapport à l'autre, nos tabous, l'idée que nous nous faisons de l'homme, et même notre foi en la "technologie";
Ne nous laissons pas tromper par les allures de légèreté, et par l'économie de moyens, dans un dispositif tel que celui de Serge Comte où un moniteur chantonnant un air d'une effrayante banalité essaime une nuée de post-it (1). Car encore faut-il mettre cette pièce en relation avec de courtes séquences où l'artiste confesse ses "mauvaises actions". Destinée à un usage domestique, ces séquences pourraient être regardées par exemple "pour se détendre... en basculant dessus alors qu'on travaille sur son ordinateur..."(2)
C'est dans un rapport d'intimité comparable que nous placent les PORTRAITS de Rebecca Bournigault en cours laissant entrevoir "ce que l'on ne voit pas" (3) et en nous renvoyant à notre propre image. Force est, du reste, d'admettre que la complexité de nos expériences (vécues et télévisuelles !) nous pousse à en explorer les failles et l'informulé afin de réfléchir à "d'autres possibilités de vie" (4). Jusqu'à même, peut-être, envisager l'amour, et en particulier l'amour des enfants, comme une simple ruse génétique de perpétuation de l'espèce...
Laurent Faulon quant à lui interroge - à travers une situation où le son et la vidéo livrent les indices d'un événement dont nous n'avons pas été témoins - "une animalité dégénérée et une société aliénante et dégénérée aussi" (5)
Il ne peut s'agir de ramener de telles attitudes au cynisme ou à la provocation, mais bien de voir dans les oeuvres un lieu de questions, de "réalité très dynamique où plusieurs vérités sont présentes en même temps" (4); Le lieu par exemple de poser la problématique du multimédia, des nouvelles images, du virtuel... comme le fait Eric Duyckaerts dans sa conférence "Analogique vs Digital".
Et de même que nos barrières mentales sont repoussées, nos valeurs et nos certitudes sont malmenées, nous expérimentons les frontières flottantes qui séparent le moi du milieu ambiant dans les pièces de Grazia Toberi (6)
Impossible dès lors de réduire au dérisoire ou au déceptif la "petite activité" de Michel Blazy d'où jamais "l'effort" n'est absent(7). Le résultat "ne peut décevoir puisqu'il n'a aucune valeur formelle sinon celle de trace, éphémère de surcroît , d'un processus"(8)
Autonomes ou indissociables d'autres éléments (dessins, installations, environnement sonore, performance), les pièces ne cèdent en rien à la fascination de l'outil ou aux déploiements technologiques et de même qu'aux débuts de son histoire- les artistes n'utilisent ici la vidéo que comme une possibilité juste pour un sens à construire.

Sabrina Grassi, Joëlle Metsger


(1) I wanna be your favorite bee, vidéo en boucle, 1993
(2) Entretien avec B. Joisten, in Purple prose n°9
(3) Entretien inédit, décembre 1995
(4) Carsten Höller, de l'Homme-singe et du bourreau d'enfants, entretien in Giallù n°5, 1995
(5) Why di they call me Mr. Happy ?, entretien avec G. Nez, in Purple prose n°8
(6) Caldo, 1995, Auoritratto con problemi problemi, 1995
(7) Tentative de saisir les chats, les oiseaux, les papillons et les mouches au vol. 1995, vidéo
(8) J.Y.Jouannais.. L'histoire de l'infamie et autres victoires, Hazan, 1995

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